09 février 2010
Festival de l’Aïr à Tchirozérine
APA-Niamey
(Niger) -09-02-10
Le Nord-Niger reprend son
souffle avec le festival de l’Aïr dimanche à Tchirozérine
La cité minière de Tchirozérine, située à 1100 km au nord de Niamey,
accueille du 14 au 16 février la septième édition du Festival Agharous de
l’Aïr, qui consacre le retour de la paix dans cette partie du Niger, secouée
par trois ans de rébellion touarègue, a appris APA mardi de bonne source.
La tenue de
ce festival, au cœur du Ténéré, le désert du Niger, consacre aussi la reprise
des vols charters de Point Afrique à destination de la région d’Agadez, la
capitale touristique du pays, a-t-on appris auprès des organisateurs.
Cet
événement culturel, qui regroupe plusieurs pasteurs nomades, est peu ordinaire
tant par son histoire, que ses multiples et bienfaisantes retombées, selon Sani
Morou Fatouma, la ministre nigérienne du Tourisme.
Isolé
pendant trois années pour cause de rébellion, l’Aïr tente de reprendre son
souffle avec ce festival, qui donne du lustre au secteur de l’artisanat, dont
la commercialisation des produits contribue très largement à lutter contre la
pauvreté dans cette région.
« Nous
devons nous convaincre que cette relance est un véritable acte de foi qui
permettra également de sauvegarder et de rendre plus tangible le formidable
potentiel de notre patrimoine touristique » a dit la ministre du Tourisme.
Un plaidoyer
« rigoureux » en faveur du Niger, un pays réconcilié, sera fait à
l’occasion de ce rassemblement, souligne-t-on.
Le président
de Point Afrique, Freund Maurice, grand hôte de ce festival, a annoncé
récemment que sa compagnie va reprendre sa desserte d’Agadez, suite à l’annonce
faite par les autorités nigériennes de la relance du tourisme dans le Nord du
Niger ainsi que le soutien à la diversification des produits dans la zone
Ouest.
Agadez (1000
km au nord) abrite le désert du Ténéré, les oasis et plusieurs gravures
rupestres, la réserve de l’Aïr et du Ténéré ainsi que les cimetières des dinosaures.
En 2006, à
la veille de l’éclatement de la rébellion touarègue au Nord, le Niger a
accueilli plus 63.000 visiteurs étrangers pendant que les activités
touristiques généraient un chiffre d’affaires de plus de 32 milliards FCFA
équivalant à 1,7% du PIB, et des emplois permanents estimés à plus de 8700,
selon des chiffres officiels.
01 février 2010
Agir dès maintenant pour enrayer la crise alimentaire au Sahel
Dimanche 31 janvier 2010
DAKAR - Les
gouvernements, les organisations humanitaires et les bailleurs doivent unir
leurs forces dès maintenant pour empêcher que l’insécurité alimentaire sévère
au Sahel ne conduise à une famine, a dit le service d’aide humanitaire de la
Commission européenne (ECHO).
« La
situation évolue rapidement », a dit à des journalistes à Dakar, le 28
janvier, Brian O’Neill, responsable Afrique de l’Ouest d’ECHO, qualifiant le
Niger d’« épicentre de la crise ».
« Mais
ce n’est pas trop tard ; si nous travaillons tous rapidement et de façon
préventive, nous pouvons atténuer l’impact. »
D’après lui,
les autorités locales sont conscientes du problème et de la nécessité d’agir.
« C’est un plus. Nous sommes déjà sur le terrain ; une équipe solide
est en place ; les partenaires [gouvernements, organisations non
gouvernementales et agences des Nations Unies] surveillent la situation. »
A cause des
pluies erratiques – qui ont commencé tard et terminé tôt –, la production
agricole du Niger a été faible en 2009, d’après FEWSNET, le Réseau des systèmes
d’alerte précoce contre la famine financé par les Etats-Unis.
Trois
indicateurs de crise peuvent déjà être observés dans certaines régions du Tchad
et du Niger, a dit M. O’Neill, d’ECHO : des prix alimentaires élevés,
des prix du bétail bas, et des salaires bas. Dans la région de Zinder, une
région d’agriculture et d’élevage dans le sud du Niger, un sac de mil coûte 42
dollars, contre 25 dollars à la même période l’année dernière, selon
M. O’Neill, qui s’est récemment rendu dans la région.
Au Niger,
les familles commencent en général à être exposées à la faim au moment de la
saison de soudure, entre avril et septembre, mais cette année, les ménages
montrent déjà des signes de vulnérabilité, d’après FEWSNET et des responsables
humanitaires.
Les familles
vendent leur bétail, et les éleveurs, qui migrent en général en mars pour
rechercher des pâturages et de l’eau, sont nombreux à avoir commencé à se
déplacer dès novembre 2009.
D’après les
estimations, les réserves de céréales au Niger connaissent un déficit de 30
pour cent, soit un million de tonnes ; le gouvernement procède encore à
l’évaluation des stocks, d’après ECHO.
Les
estimations de coûts sont susceptibles de varier, mais un rapport publié le 25
décembre par le gouvernement nigérien a évalué que 220 millions de dollars
seraient nécessaires pour lutter contre l’insécurité alimentaire en 2010.
Les
bailleurs et les partenaires discutent des réponses possibles avec les
autorités du Burkina Faso, du Tchad et du Niger.
Selon
M. O’Neill, pour que la réponse soit efficace, il faudrait que le Bureau
des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) assure
un fort leadership.
D’ici la fin
2010, ECHO aura engagé 140 millions de dollars dans un programme de prévention
de la malnutrition au Sahel. D’autres bailleurs, dont l’USAID (l’agence américaine
pour le développement international) et le Département britannique pour le
Développement international, augmentent actuellement leur contribution à la
lutte contre la malnutrition.
Au Sahel,
300 000 enfants de moins de cinq ans meurent chaque année de malnutrition,
d’après le Fonds des Nations Unies pour l’enfance.
aj/np/il
Thèmes :
(IRIN) Politique, (IRIN) Enfants, (IRIN) Alerte précoce, (IRIN) Economie,
(IRIN) Sécurité alimentaire, (IRIN) Santé et nutrition
29 janvier 2010
Siuation Alimentaire Niger suite
Plus de la moitié des Nigériens souffriront de la faim en 2010
Reuters - 27/01/10
Plus de la moitié de la population nigérienne souffrira de la faim cette année, prédit un rapport officiel, encore confidentiel au vu de la sensibilité du sujet de la sécurité alimentaire pour les autorités de Niamey.
Quelque 7,8 millions de Nigériens, sur un total de 15 millions vont être confrontés à l’insécurité alimentaire, terme qui couvre aussi bien la simple insuffisance de nourriture que la malnutrition ou la famine, selon un document publié par Le Canard Enchaîné, un journal local.
"Ces chiffres sont les mêmes que ceux auxquels nous sommes parvenus dans notre étude", a déclaré à Reuters un responsable qui a été impliqué dans l’enquête officielle, mais qui souhaite rester anonyme car le gouvernement a soumis toute communication sur ce sujet à son accord préalable.
La sécurité alimentaire reste un sujet sensible au Niger, déjà confronté en 2005 à une pénurie alimentaire qui avait frappé quatre millions de personnes, mais que le gouvernement avait niée jusqu’à ce que les médias attirent l’attention de la communauté internationale sur le fléau.
Les prévisions pour 2009 contredisent les assurances du gouvernement qui, lundi, a démenti que quiconque souffrirait de la famine cette année, alors que les statistiques officielles faisaient état d’une baisse de 25% de la récolte agricole de 2009-10 par rapport à l’année précédente.
En modifiant la Constitution l’an dernier pour se maintenir au pouvoir, le président Mamadou Tandja a incité la communauté internationale à réduire son aide au Niger qui, malgré la manne procurée par l’exploitation de son uranium, stagne en bas du classement mondial des pays selon leur indice de développement humain.
28 janvier 2010
SITUATION ALIMENTAIRE
African
Manager - 26-01-2010
L’Etat nigérien investit 4 milliards de F DFCA dans l’achat de mil
L’Etat du
Niger achètera directement 20 000 tonnes de mil auprès des producteurs pour un
montant de 4 milliards de F CFA (9 millions de dollars US), a-t-on appris ce
mardi à Niamey.
Selon le
ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Normalisation, M. Halidou
Badjé, qui en a fait l’annonce, cette opération vise à créer les conditions
d’une gestion rationnelle de la situation alimentaire.
Parlant de
la situation alimentaire, M Badjé a dit que 105 000 tonnes de mil sont
actuellement disponibles dans les magasins de l’Office des Produits Vivriers du
Niger (OPVN), tandis que 42 000 tonnes de mil sont dans les banques
céréalières.
"Si
l’on ajoute les 20 000 autres tonnes que l’Etat va acheter à travers la
présente opération, nous aurons un stock total de 167 000 tonnes alors que les
besoins potentiels sont estimés à 147 000 tonnes", a-t-il précisé.
L’opération,
qui a déjà débuté, sera menée par l’Office des produits vivriers du Niger
(OPVN) dans quatre régions du pays à savoir Dosso, Maradi, Tahoua et Zinder.
Expliquant
le déroulement de l’opération, Halidou Badjé, a indiqué que le mil sera acheté
directement auprès des paysans. "Il n’y aura aucun intermédiaire",
a-t-il répété, prévenant que le gouvernement a pris toutes les dispositions
utiles pour mettre hors d’état de nuire toute tentative de spéculation ou de
sabotage de l’opération.
Pour
favoriser les producteurs et leur permettre de tirer profit de leur labeur,
l’Etat achètera le sac de mil de 100 kg à 20 000 FCFA,a-t-il poursuivi.
Le
gouvernement avait déjà, à la suite de la campagne agricole de 2009, lancé une
opération d’achat de niébé pour une enveloppe de 11 milliards de F CFa, rappelle-t-on.
26 janvier 2010
Une lettre de Rabdoullah
Agadez le 20 Janvier 2010,
Bonjour Patrick,
Tout d'abord je présente pour toi, ta famille et tous les amis de ASSAKA mes
meilleurs voeux de l'année 2010. Q'elle soit pour vous tous, une année de
santé, de bonheur et de réussite dans vos projets. Les élèves d' Assakamour,
leurs parents, les enseignants et les populations du village ne cessent de vous
remercier chaque jour et attendent impatiemment votre arrivée à Assakamour.
Merci pour ce vous faites pour nous malgré les difficultés financières du
moment. Les collégiens et leurs petits frères de l' école Primaire sont
très contents et reconnaissants des appuis que vous faites pour eux.
Leurs différentes images vous seront envoyées dans les jours qui suivent. Les
différents parrains auront bientôt les mots de leurs amis.
L'une de nos préoccupations demeure la mise en valeur du jardin scolaire d'
Assakamour afin de mieux enrichir l'alimentation des élèves et assurer d'autres
ressources à l'école. Le moulin des femmes marche bien et avec la fontaine de
l'école les femmes sont vraiment soulagées dans leurs occupations.
J'ai bel et bien eu le n° de Maryse Mouret. Je l'ai appelée mais
malheureusement, elle était indisponible. Je ferai tout pour avoir son contact.
A très bientôt, amitiés et merci à vous tous, merci mon ami Patrick.
RABDOULAH
NB: Maryse est un membre de notre association et du GREF. Rabdoulah a fait un
stage avec elle en 2005. Elle est actuellement en mission avec les compagnons
éducateurs à Niamey
25 janvier 2010
AUX AMIS DU NIGER, AUX AMOUREUX DU DESERT
Une situation d’insécurité qui a
duré plus deux ans vous a privé de notre pays, de vos amis et de votre désert.
Aujourd’hui, la paix est de retour, la page définitivement tournée et
l’ambition de chacun de nous est de retrouver une vie normale, une activité
normale.
Comme on a coutume de le dire :
Il y a un temps pour tout sous le soleil :
Un temps pour démolir, un temps pour bâtir
Un temps pour déchirer, un temps pour coudre
Un temps pour haïr, un temps pour aimer.
C’est précisément notre cas aujourd’hui où le temps est à la reconstruction et
à la consolidation de la paix.
La semaine passée, Maurice FREUND PDG du point Afrique s’adressait à ses
lecteurs dans un courrier émouvant (voir site point Afrique), un engagement
personnel qui force notre admiration et notre gratitude.
Le 31 Janvier prochain, un 737 en provenance de l’Europe se posera à Agadez
avec à son bord quelques amis pressés de retrouver notre pays, pressés de
retrouver Agadez et tout ce qu’elle a d’accueillant et de magique.
Même si les séquelles des terribles inondations de septembre 2009 restent très
perceptibles, elles n’entament en rien l’hospitalité légendaire que vous avez
toujours connue chez nous.
En septembre dernier, la population d’Agadez a décidé en toute responsabilité
de relancer la 7ème édition du festival de l’Aïr. Une démarche hautement
courageuse dont le but est de mettre un trait sur la période cauchemardesque du
conflit. Par ce geste, elles entendent redonner goût à la vie et montrer à la
face du monde que notre pays est bien fréquentable.
Aucun moyen, aucune énergie ne seront ménagés pour la réussite de cet événement
à l’occasion duquel nous souhaitons votre présence.
Le phénomène d’insécurité est un cercle vicieux, un serpent qui se mort la
queue. Le développement du tourisme participe significativement à la création
du travail et à la lutte contre l’oisiveté, premier responsable du banditisme
et autres trafics mafieux. Le résultat d’une démarche contraire est donc bien
évident.
C’est pourquoi, en nous adressant au monde associatif qui nous a toujours
soutenu, aux tours opérateurs et à tous ceux qui ont voyagé chez nous, nous
soulignons que leur présence chez nous est un acte militant, un témoignage
tangible de solidarité à notre égard.
Pour notre part, nous leur garantissons que rien ne sera laissé au hasard pour
la réussite de leur séjour.
Issouf Ag MAHA le 25 janvier 2009
13 janvier 2010
Nord Mali: Les Touaregs pris en otage?
Tessalit ( Mali),10 janvier 2010
Si loin, si proches, les touaregs « carte postale » boivent leur dernier thé dans une tempête de sable. Aujourd’hui la tempête devient un ouragan, qui donne le vertige d’une culture qui n’en finit pas de perdre l’équilibre. Pour arriver à Tessalit, pointe extrême nord du Mali, tout prêt de la frontière algérienne, tout est possible, et tout est impossible.
Témoignage d’un quotidien ordinaire,début janvier 2010 .
1-Tout européen est un otage potentiel.
Je ne pensais pas que nos humbles personnes représentent des tas de dollars aussi substantiels. Je ne savais pas que ces tas de dollars allaient mettre le feu aux poudres aussi vite et aussi violemment à une région déjà trop fragilisée.
Ecoutons plutôt.
Début décembre, prise de contact depuis la France avec nos vieux amis touaregs, pour préparer le voyage pour se rendre à la fête du chameau à Tessalit.
« Tu peux venir, il n’y a pas de problèmes. »
« Tu ne peux pas venir, il y a trop de problèmes. »
« Tu peux venir, ca se calme. »
« Tu ne peux pas venir, on ne peut pas assurer ta sécurité. »
« Je ne sais même plus si tu peux venir ».
Bon. Les journaux maliens, les médias européens, la presse américaine, c’est à celui qui va être le plus intelligent, le plus manipulateur, le plus pédagogue, le plus naïf pour tenter de calmer le jeu ou mettre le feu aux poudres. On ne comprend plus ni le gouvernement français et ses injonctions administratives, ni le gouvernement malien, ni les habitants du Mali, ni les habitants de la lune…Brouillard. Un français a été enlevé à Ménaka, trois espagnols en Mauritanie, un avion fantôme bourré de je ne sais quoi brûle dans le désert malien, et le nord Mali explose.
2-La fête du chameau à Tessalit, symbole de vie d’une communauté locale.
Fin 2008 la troisième édition de cette fête avait été annulée à cause des rebellions touarègues, qui se battaient pour leur survie et leur place dans une société très inégalitaire et pour le moins condescendante à leur égard. Je ne referai pas le film, tout le monde connait le scénario. Injustices.
Cette année la fête a eu lieu. Réussite remarquable, inoubliable dans le cœur de chaque habitant, sentiment de fierté et de force d’un peuple qui a su, malgré une situation politique de tous les dangers, malgré les chantages de tous bords, affirmer son identité et ses valeurs traditionnelles.
Course de chameaux, concours de la plus belle tente, de la plus belle femme, forum, concerts avec les musiciens locaux y compris les Tinariwen natifs de Tessalit…Tout cela grâce aux habitants de Tessalit, qui ont su porter ce projet et qui l’ont mené à bien pour la troisième fois. Conviction.
Dernière édition déclinée entre considération nationale et dangers : la journée du tourisme malien a eu lieu dans le cadre de cette fête. Quatre ministres sont venus l’inaugurer de manière très officielle et ont marqué de leur présence l’importance de ces enjeux.
Une vingtaine d’européens sont arrivés par convois militaires, de Gao et de Kidal, d’autres, individuels, par l’Algérie, également étroitement encadrés. Les militaires maliens étaient présents partout, autour de la tribune, du forum, autour des tentes et des véhicules. Au pied de chaque arbre poussait une kalachnikov. Jardin de tous les dangers.
Mais, au fait, de quels dangers parle-t-on ?
3-Une région de bruits et de fureurs.
Visiter les campements pour retrouver ses amis touaregs, prendre un chameau pour se couler dans le rythme du désert, se griser de la vitesse du 4/4, aujourd’hui c’est fini. Bouclés. Enfermés dans les villes. Interdiction de sortir pour les européens. Et en plus, nos amis touaregs sont tellement responsables de nous qu’il n’est pas question de transgresser quoi que ce soit. Sinon, ce sont eux qu’on accuserait de complicité. Responsabilité.
Le discours, le vocabulaire, les mots ont perdu sens et objectivité. Diffus, hésitants, contradictoires.
On entend dire à mots couverts que les « salafistes » sont là, partout. On a vu leurs traces, dans un campement, après la nuit, mais on ne les a même pas entendus. Ils ont donné de l’huile et du sucre à des nomades, ils utilisent l’eau des puits, les bergers ont peur pour leurs animaux.
Ils utilisent du matériel sophistiqué, et roulent en véhicules très puissants. Ils bougent très vite d’un point à un autre, et traversent les frontières sans soucis.
Certains parlent de réseaux organisés, d’autres de groupuscules imprévisibles qui se nouent et se dénouent, de la Mauritanie au Niger, en passant par le Mali D’aucuns évoquent le trafic de drogues qui finance leurs activités, d’autres l’argent rapide accueilli avec soulagement par les jeunes chômeurs en mal d’avenir.
Les explications, ou tentatives d’explications, montrent par leurs contradictions combien le problème est complexe et multiforme. Tout y passe.
« Je me promène depuis longtemps dans la montagne, et je n’ai jamais vu l’ombre d’un salafiste. »
« Je les vois passer très vite, et le lendemain ils sont partis loin. »
« C’est le gouvernement malien qui entretient la rumeur, car il ne veut pas développer le nord. »
« Ce sont nos voisins qui veulent garder la main-mise sur le Mali et que ca arrange. »
« C’est le gouvernement américain qui voudrait prendre le pouvoir au Sahel et qui a monté les rumeurs de toutes pièces »
« Ce sont les cartels de la camorra qui travaillent avec les sud-américains, et qui se servent des grandes zones portuaires de l’Afrique de l’Ouest et des immenses zones de non-droit du Sahel pour leurs trafics de drogues. »
Certains intellectuels commencent à parler de ces problèmes à mots couverts, d’autres se taisent, certains ne l’évoquent même pas.
En tout cas les gens ont peur, et ne comprennent plus ce qui se passe. Ils ont perdu leurs repères ancestraux.
Ce qui est sûr, c’est que le peuple touareg est pris en otage par une violence venue d’ailleurs, avec des codes et des modes de vie étrangers et incompréhensibles pour la population de cette zone.
Ce qui est sûr, c’est que le peuple touareg est pris en otage par des groupes qui utilisent les immensités désertiques dont les touaregs sont maîtres depuis la nuit des temps, au gré de leurs propres affaires, des affaires pas très propres, et que c’est bien la première fois que les touaregs ne maîtrisent plus leur territoire. Du jamais vu.
Mais au fait, au milieu de ces folles rumeurs, n’est-t-on pas en train d’oublier l’essentiel, une réalité âpre et brutale, la sécheresse en train de s’installer, pire qu’en 2005, et les animaux qui commencent à mourir, déjà maintenant…
4-Et la nature, exigeante, extrême, reprends ses droits.
Au-delà du problème géopolitique, il est une histoire qui se répète, une fois encore, en boucle. Les pluies ont été rares, en 2009, et les pâturages inexistants. Déjà avant la soudure, les nomades sont partis nomadiser plus loin.
Dans les campements, même si la chaleur n’a pas encore commencé, même si les esprits sont encore calmes, on ne parle plus que des animaux qui meurent et qu’on ne peut même plus vendre, on ne parle plus que de l’eau à trouver et du prix de l’aliment bétail qui va augmenter.
Evidemment tout ce que je raconte en ce moment se passe à Tessalit, mais aussi dans toutes les autres régions du Nord.
Aujourd’hui il y a un mot qui revient souvent, pour parler de la vie d’ici, c’est le mot RIEN. Pas de grain, pas d’eau. Rien. Pas de travail, rien. Pas de projet, rien. Pas de médicaments. Pas d’électricité, de journaux, d’internet, rien.
Et pourtant l’espoir existe.
Une nouvelle municipalité qui a tout à réinventer, des femmes organisées en coopératives autour du maraîchage et du micro-crédit, des musiciens qui remettent en valeur la Takouba traditionnelle, des jeunes qui montent des projets autour d’un GIE, et tellement d’autres choses encore…
Tellement d’espoir dans trois fois rien…
CONCLUSION
Les hommes, les femmes et les enfants touaregs subissent à la fois les contrecoups de l’histoire interminable d’un monde en pleines mutations socio-économiques et géostratégiques, qui bouleversent la donne internationale à une vitesse exponentielle, et les perturbations environnementales extrêmes qui ont fait d’eux un des premiers peuples de réfugiés climatiques.
Otages ? Oui, mais de quoi ? De qui ?
Le touareg a l’horizon infini comme respiration, et son Sahara se rétrécit comme peau de chagrin, au fur et à mesure que d’autres se le réapproprient. Comment peut-il encore respirer dans ces conditions ? Comment peut-il retrouver son horizon sans perdre son âme ? Comment pourra-t-il, aujourd’hui, aller au-delà de l’horizon ?
Jacqueline Dupuis, webmaster Temoust
Mais, au fait, combien y a t-il eu d’otages enlevés entre Tessalit et Kidal ? Aucun.29 décembre 2009
Voeux 2010
"L'homme pauvre n'est pas celui dont les mains sont vides,
mais celui dont l'âme est vide de désir...."

21 décembre 2009
DES PHOTOS D' ASSAKAMOUR.....
Les photos que nous avons reçu mi-novembre sont enfin sur le blog....
Nom de l' album: ASSAKAMOUR NOVEMBRE 2009
Ces photos ont été prises un dimanche, le 8 novembre 2009, Rabdoullah n' a pas pu informé toutes les familles du village, c'est pourquoi tous les enfants ne sont pas présents....
La canalisation allant du puits à l'école a été réparée.....
Tous les vivres pour les sinistrés du village et la cantine de l'école sont stockés au sec dans l'école.....sous la garde et la surveillance de Rabdoullah et de quelques hommes du village..... il est vrai que cela peut faire des envieux....
20 décembre 2009
CITATION
"LA FONCTION LA PLUS ÉLÉMENTAIRE DE L' ÊTRE HUMAIN C' EST DE CRÉER DE L' AVENIR"
PAUL VALERY




























