RFI

                         

mercredi 18 août 2010

                                 

 

L’insécurité au Sahel avec des conséquences pour le Niger : des ONG ont décidé d’évacuer leur personnel expatrié des régions de Maradi et de Zinder, dans le centre-sud du pays. Cette décision à été prise à la suite des recommandations faites par des ambassades étrangères qui ont demandé à leurs ressortissants d’éviter ces zones.

 

Ainsi, le Programme alimentaire mondial (PAM) se dit inquiet pour la suite des évènements vu la situation d’insécurité. Toutefois, selon Fatma Samoura, représentante du PAM à Niamey, il ne s’agit pas, pour le moment, d’une évacuation du personnel : « Il y a eu un seul vol qui a été organisé. Ce n’est pas un vol spécial, suite à une annonce qui a été faite au niveau des ambassades, ici, qui ont appelé leurs ressortissants. Nous avons juste demandé à deux chefs de bureau, notamment celui de Zinder et celui de Maradi, de venir (à Niamey) pour nous dire si éventuellement le départ de certaines ONG sanitaires aurait des répercussions sur le volet nutritionnel. Ces gens sont prêts à repartir et il y a même une bonne partie de l’équipe du pays qui va aller à Maradi, juste pour confirmer aux gens que l’information selon la laquelle le PAM se serait replié est totalement infondée ».

Lors de son entretien à RFI diffusé ce mardi 17 août 2010, Fatma Samoura a précisé que l’objectif du PAM « est de distribuer 30 000 à 40 000 tonnes (d’aliments). Nous avons fait plus de la moitié (25 000 tonnes) à ce jour et nous allons continuer ». Toujours selon la représentante du Programme alimentaire mondial à Niamey, « sur les 25 ONG qui sont enregistrées avec le PAM, 23 travaillent en ce moment. Il y a une seule ONG européenne dont les expatriés sont partis, mais les locaux sont toujours sur place. Le gouvernement nous a dit que l’information qui circule depuis jeudi (12 août ) n’a pas été recoupée par leurs services de renseignements. Malheureusement, nous sommes dans une zone où l’insécurité est là. Et nous prenons toutes les dispositions au niveau de notre personnel, pour pouvoir continuer à assurer leur protection ».

A Paris, le ministère des Affaires étrangères a souligné, mardi 17 août, l’entière mobilisation du dispositif de sécurité français après les nouvelles menaces d’al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). « Le dispositif, tant pour nos compatriotes résidents ou de passage que pour nos emprises diplomatiques est activé et actualisé en permanence, en fonction de l’appréciation des risques et des menaces », a affirmé le porte-parole du Quai d’Orsay. Il a ajouté qu’il s’agit de « menaces proférées par des assassins », concernant les propos d’un dirigeant d’AQMI qui avait menacé de représailles contre la France, après la mort de sept membres de son réseau au Mali, lors d’une opération franco-mauritanienne contre une base d’AQMI, le 22 juillet dernier, pour libérer l’otage français Michel Germaneau.

Les services du Premier ministre François Fillon ont annoncé lundi 16 août un renforcement du plan antiterroriste Vigipirate sur le territoire français, pendant la période estivale, eu égard à « l’amplification de la menace islamiste pesant sur les ressortissants et les intérêts français à l’étranger, dans la zone du Sahel et dans la péninsule arabique ». Le porte-parole de ministère des Affaires étrangères a rappelé que le site http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/le... contient des fiches actualisées à l’intention des expatriés.