AP                          

samedi 14 août 2010

                                 

DAKAR, Senegal — Le Niger risque de connaître la pire crise alimentaire de son histoire, près la moitié de la population vit dans la pénurie et un enfant sur six est atteint de malnutrition aigüe, estiment des responsables humanitaires.

Les villageois décrivent une situation plus grave qu’en 2005, quand des dizaines de milliers d’enfants dénutris avaient été traités par les organismes d’aide, pire même que la famine de 1973 qui avait fait des milliers de morts, selon Malek Triki, porte-parole régional pour le PAM (Programme alimentaire mondial) de l’ONU. "Ils disent que c’est la pire crise de mémoire d’homme", ajoute-ti-l.

Selon des études menées en mai et juin, 16,7% des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë. Soit un chiffre supérieur à celui de 15%, repère au-dessus duquel l’ONU considère qu’il s’agit d’une situation d’urgence.

Pour le PAM, 7,3 millions de personnes, soit près de la moitié de la population totale de ce pays désertique ont désespérément besoin de vivres. Dans des zones rurales comme Diffa, précise M. Triki, la plupart des habitants ne se nourrit qu’une fois par jour, au mieux.

On ne sait cependant pas si la famine a déjà fait des victimes, même si les travailleurs humanitaires estiment que l’importance de la malnutrition est évidente aux postes de distribution alimentaire.

Cette année, la sécheresse a détruit les récoltes et le bétail est mort de faim, faute de fourrage, selon Christy Collins, directrice de l’ONG américaine Mercy Corps. Dans le nord et le centre, des carcasses d’animaux parsèment le paysage.

En 2005, le président Mamadou Tandja avait minimisé la crise alimentaire, accusant l’ONU et les ONG de faire le jeu de l’opposition en exagérant la famine. Après le renversement de Tandja dans un putsch en février, le gouvernement militaire aux commandes du pays a annoncé la distribution de 21.000 tonnes de vivres. AP