Crue du Niger : « Les habitants sont obligés d’emprunter des pirogues »

RFI

                         

dimanche 8 août 2010

                                 

Le fleuve Niger, troisième fleuve d’Afrique, connaît sa plus forte crue depuis 1929, selon un expert de l’Autorité du bassin du Niger (ABN). Des inondations ont fait cette semaine plus de 5 000 sinistrés à Niamey. Le gouverneur a appelé « les populations qui sont encore dans leur maison malgré les inondations à rejoindre » la dizaine de sites de relogement, alors que les forces de sécurité procèdent à des évacuations depuis jeudi.

Les populations riveraines de Niamey et des environs n’ont jamais vu pareilles inondations. Changement climatique ou ensablement du lit du fleuve Niger ?

Dans tous les cas, les spécialistes sont formels. Selon le docteur Adamou Garba du Centre africain pour l’application de la météorologie au développement (ACMAD) : « D’abord, comme constat, nous n’avons jamais vu une crue pareille depuis plus de cinquante ans. Le fleuve est complètement sorti de son lit et ça a inondé pratiquement tout. Même les habitants sont obligés d’emprunter des pirogues pour rentrer chez eux ».

Sur la rive droite du fleuve Niger, dans le quartier Zarmagandey, il était minuit passé. Les habitants des bas-fonds n’ont rien vu venir. Témoignage de Seydou : « L’eau est tombée cette nuit. Les gens dormaient et il a fallu porter secours aux enfants et aux femmes. On les a sauvés et amenés dans les écoles ».

Tous les moyens sont bons pour bloquer la montée des eaux, des digues sont improvisées : « Les enfants du quartier ont mis des barrières. Ils ont rempli des sacs avec du sable pour que l’eau ne passe pas. Malgré tout ça, ça a débordé. A certains endroits, ça va ».

Plus de cinq cents maisons se sont effondrées et les habitants ont été relogés dans des écoles. Ceux qui n’ont pas voulu partir continuent d’évacuer les eaux des concessions avec des moyens dérisoires.