Le président Tandja met fin à l’état d’urgence décrété depuis 2007 à Agadez, au nord du Niger

jeudi 26 novembre 2009

APA- Nia­mey(Niger) Le Pré­sident Ma­ma­dou Tand­ja a mis fin à l’état de mise en garde, sy­no­nyme d’état d’ur­gence, dé­cré­té et plu­sieurs fois re­nou­ve­lé de­puis le 24 août 2007 dans la ré­gion d’Aga­dez (900 km au nord), quelque se­maines après l’am­nis­tie ac­cor­dée aux re­belles toua­règues qui ont sévi dans cette zone, riche en ura­nium, a ap­pris APA jeudi de source of­fi­cielle à Nia­mey.

« Il est mis fin à la mise en garde pro­cla­mée dans la ré­gion d’Aga­dez, à comp­ter du 27 no­vembre 2009 », selon les termes d’un dé­cret pré­si­den­tiel pu­blié jeudi.

Cette dé­ci­sion pros­crit cette me­sure qui ac­corde des pou­voirs ex­cep­tion­nels aux forces de dé­fense et de sé­cu­ri­té dans la ré­gion.

Elle in­ter­vient un mois après que le Pré­sident Tand­ja a ac­cor­dé une am­nis­tie aux re­belles toua­règues qui ont ré­cem­ment dé­po­sé les armes après deux ans de com­bats dans la ré­gion d’Aga­dez.

La fac­tion his­to­rique de la ré­bel­lion toua­règue au Niger, le Mou­ve­ment des Ni­gé­riens pour la jus­tice (MNJ), ainsi que le Front pa­trio­tique ni­gé­rien (FPN) ont dé­po­sé les armes en marge d’une cé­ré­mo­nie dans la ville li­byenne de Sebha, en pré­sence de Mouam­mar Kadha­fi, le mé­dia­teur.

Ces deux mou­ve­ments ont été sui­vis dans leur geste par le Front des forces pour le re­dres­se­ment (FFR) de la fi­gure his­to­rique de la pre­mière ré­bel­lion toua­règue des an­nées 1990, Rhis­sa Ag Boula, qui a ac­cep­té l’offre du mé­dia­teur li­byen.

Avec cette red­di­tion, des sources re­belles in­diquent que ce sont plus de 4000 com­bat­tants qui re­noncent à la lutte armée, en ac­cep­tant leur ré­in­ser­tion à tra­vers di­verses ac­ti­vi­tés so­cioé­co­no­miques.

La ré­gion d’Aga­dez où opèrent plu­sieurs com­pa­gnies étran­gères est riche en ura­nium. De­puis fé­vrier 2007, cette ré­gion fait face à une ré­bel­lion armée conduite par des toua­regs qui re­ven­diquent da­van­tage de meilleures condi­tions pour les po­pu­la­tions du nord du Niger.

Les af­fron­te­ments entre l’armée et les élé­ments de la ré­bel­lion toua­règue exa­cer­bés par de nom­breux cas d’ex­plo­sion de mines at­tri­bués aux in­sur­gés, ont fait à ce jour of­fi­cieu­se­ment plus de 80 sol­dats et en­vi­ron 200 re­belles tués ainsi que plu­sieurs morts et bles­sés parmi les ci­vils.

Début mai der­nier, les au­to­ri­tés ni­gé­riennes ont donné le coup d’envoi dans la ré­gion d’Aga­dez de la réa­li­sa­tion du com­plexe mi­nier d’Imou­ra­ren, un des plus grands gi­se­ments au monde avec 5000 tonnes d’ura­nium par an.

L’ex­ploi­ta­tion de ce site par le groupe fran­çais AREVA va pla­cer le Niger, à l’ho­ri­zon 2015, au deuxième rang mon­dial des pays pro­duc­teurs, avec un dou­ble­ment de sa pro­duc­tion ura­ni­fère an­nuelle.

Ces ri­chesses mi­nières, ex­ploi­tées de­puis 40 ans dans le nord du Niger ont ha­bi­tuel­le­ment servi de dé­to­na­teur à la ré­bel­lion toua­règue au début des an­nées 1990 ainsi que le sou­lè­ve­ment en fé­vrier 2007 de l’in­sur­rec­tion menée par le MNJ.

Nia­mey a of­fi­ciel­le­ment en­ta­mé des ren­contres avec les fac­tions re­belles en avril der­nier lorsque le mi­nistre ni­gé­rien de l’in­té­rieur, Al­ba­dé Abou­ba, qui conduit une forte dé­lé­ga­tion en Libye a af­fir­mé que les re­belles toua­regs, consti­tués en trois fac­tions, ont ac­cep­té de rendre les armes et de par­ti­ci­per à des né­go­cia­tions de paix.